Sécurité

Fraude au faux RIB : l’arnaque qui vide la trésorerie des PME

Un e-mail de votre fournisseur, un nouveau RIB, un virement qui part… vers un escroc. La fraude au faux RIB explose chez les PME : voici comment la reconnaître et la bloquer avant qu'il ne soit trop tard.

6 min de lecture LLucas A.
Comptable recevant un e-mail frauduleux de changement de RIB fournisseur

Sophie gère la comptabilité d’une PME d’une quinzaine de salariés, en Essonne. Un vendredi, en fin de journée, elle reçoit un e-mail de Marc, leur fournisseur de matériaux depuis six ans. Même adresse, même signature, ce même « Bonne fin de semaine ! » qu’il glisse toujours en bas de ses messages. Marc explique que l’entreprise a changé de banque et joint le nouveau RIB pour la facture de 18 000 euros qui arrive à échéance. Sophie fait le virement avant de partir. Rien ne lui a paru bizarre. Il n’y avait d’ailleurs rien de bizarre à voir.

Dix jours plus tard, Marc appelle. Il n’a jamais reçu le paiement, et il n’a jamais changé de banque. Sophie vient de découvrir la fraude au faux RIB.

Le faux RIB, une arnaque qui ne ressemble pas à une arnaque

Ce qui rend cette fraude si redoutable, c’est qu’elle ne déclenche aucun des signaux qu’on a appris à repérer. Pas de fautes d’orthographe, pas de prince nigérian, pas de lien douteux. Le message est même souvent envoyé depuis la vraie adresse du fournisseur, parce que sa messagerie a été piratée quelques semaines plus tôt.

Une fois entré, l’escroc prend son temps. Il lit les échanges, repère les factures en attente, les montants, les dates d’échéance, la façon dont chacun écrit. Il crée parfois une règle discrète qui lui transfère une copie des messages. Puis il attend le bon moment, souvent juste avant une échéance et de préférence un vendredi soir ou la veille des congés, quand tout le monde a envie de boucler les dossiers rapidement.

Dans d’autres cas, il n’a même pas besoin de pirater quoi que ce soit. Il lui suffit d’enregistrer un nom de domaine qui ressemble à s’y méprendre à celui du fournisseur, avec une lettre en plus ou un tiret mal placé. À la lecture rapide d’un e-mail, personne ne fait la différence.

Pourquoi les PME sont en première ligne

Ce n’est pas une question de naïveté. Les PME règlent des dizaines de fournisseurs, souvent avec une seule personne aux commandes des paiements, et des procédures qui reposent sur la confiance plus que sur des contrôles écrits. C’est exactement ce que cherchent les fraudeurs.

Le phénomène prend de l’ampleur ces dernières années. D’après le rapport 2025 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, les fraudes par manipulation, qui comprennent la substitution d’IBAN, la fraude au président ou le faux conseiller bancaire, ont atteint 516 millions d’euros en 2025, en hausse de 34 % en un an.

Et le pire est souvent à venir car payer sur un faux RIB ne vous libère pas de votre dette. Votre véritable fournisseur attend donc toujours son règlement. Beaucoup d’entreprises finissent donc par payer la même facture deux fois.

La vérification du bénéficiaire ne fait pas tout

Depuis le 9 octobre 2025, votre banque compare automatiquement, avant chaque virement, le nom que vous saisissez avec celui du titulaire réel du compte. Si les deux ne correspondent pas, elle vous prévient.

C’est un vrai progrès, et dans l’histoire de Sophie (qui est une histoire fictive), cette alerte aurait sans doute dû s’afficher. Mais quand on est pressé, qu’on fait confiance à l’expéditeur et qu’une fenêtre s’ouvre en fin de journée, la tentation de cliquer sur « continuer » est parfois trop forte. Or si vous validez malgré l’alerte, vous le faites à vos risques et votre banque pourra plus difficilement être tenue pour responsable. Une alerte de non-concordance doit toujours être prise au sérieux.

Comment éviter de vivre la même histoire

La bonne nouvelle, c’est que la parade la plus efficace ne coûte rien : un coup de téléphone. Dès qu’un fournisseur annonce un changement de coordonnées bancaires, appelez-le sur le numéro que vous avez déjà, jamais sur celui qui figure dans l’e-mail. C’est la recommandation de Cybermalveillance.gouv.fr, et c’est celle que nous répétons à toutes les entreprises que nous accompagnons. Deux minutes d’appel contre des milliers d’euros perdus, le calcul est vite fait.

Ensuite, sortez la procédure de la tête d’une seule personne. Écrivez une règle simple : aucun changement de RIB sans appel de confirmation, et une double validation pour les virements au-delà d’un certain montant. Le jour où la personne qui fait les paiements est absente, ou simplement fatiguée un vendredi soir, la procédure prend le relais.

Côté informatique, c’est la messagerie qu’il faut protéger en priorité, puisque c’est presque toujours par là que tout commence. Avec la double authentification, un mot de passe volé ne suffit plus pour entrer dans une boîte mail. Un bon filtrage anti-hameçonnage bloque une grande partie des tentatives en amont, et une surveillance des règles de transfert d’e-mail permet de repérer un intrus avant qu’il ne passe à l’action.

Enfin, parlez-en. À vos équipes, bien sûr, mais aussi à vos fournisseurs. Prévenez-les que vous ne modifierez jamais leurs coordonnées sans les appeler. Ça les protège autant que vous.

Victime d’un faux RIB : agissez dans les premières heures

Si le virement est déjà parti, chaque heure compte.

  1. Appelez votre banque immédiatement pour tenter de bloquer ou de rappeler les fonds.
  2. Gardez toutes les preuves en l’état (e-mails, faux RIB, facture, ordre de virement).
  3. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
  4. Prévenez votre fournisseur car sa messagerie est peut-être compromise et que d’autres clients pourraient être visés.
  5. Faites contrôler vos boîtes mail pour comprendre par où l’escroc est passé et fermer la porte.

Sécuriser votre messagerie avec Foxchip

Chez Foxchip, à Mennecy, nous aidons les PME de l’Essonne mais aussi d’ailleur en France, à fermer les portes d’entrée de ce type de fraude en activant la double authentification, le filtrage des e-mails, en procédant à la surveillance des connexions suspectes et à la sensibilisation des équipes. Si vous voulez savoir où en est la sécurité de vos messageries, découvrez notre accompagnement en cybersécurité pour les PME, ou confiez-nous l’ensemble de votre informatique avec notre offre d’infogérance.

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Pour aller plus loin : vos questions

À l'œil nu, c'est souvent impossible : les faux RIB reprennent parfaitement le logo et la mise en page d'une vraie banque. Le seul moyen fiable est d'appeler votre fournisseur sur le numéro que vous connaissez déjà pour qu'il vous confirme ses coordonnées. Soyez aussi très attentif à l'alerte de votre banque si le nom ne correspond pas à l'IBAN.

Ce n'est pas automatique, car c'est vous qui avez validé le virement. Mais il faut réagir très vite : plus vous appelez votre banque tôt, plus les chances de bloquer ou de récupérer les fonds sont élevées. Pensez aussi à déposer plainte et à conserver toutes les preuves.

Votre fournisseur peut toujours vous réclamer le paiement de sa facture, même si l'escroquerie vient de sa messagerie. C'est pourquoi une procédure de vérification systématique est votre meilleure protection : elle vous évite de payer deux fois.

Le plus efficace est d'activer la double authentification sur toutes vos boîtes e-mail, d'utiliser des mots de passe uniques et de sensibiliser vos équipes aux e-mails d'hameçonnage. Nous pouvons faire le point sur la sécurité de vos messageries et vous aider à mettre ces protections en place.

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